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De Drie Afgestempelde Kaartjes in de Lege Tram van Brussel

À vingt-trois heures, le tram 92 arrive au terminus. Bruxelles est froide et la pluie tombe. Lina, la conductrice, ouvre les portes. Deux voyageurs descendent. Elle vérifie le tram : personne. C’est sa première semaine, et son chef veut que le tram soit vide avant de retourner au dépôt.

Dans la dernière voiture, elle trouve trois tickets sur un siège bleu. Ils sont bien alignés. Ils ont été compostés à 23 h 02. Il est 23 h 04. « Impossible ! » À 23 h 02, elle avait regardé dans son miroir : la voiture semblait vide.

Elle appelle Malik, le contrôleur de nuit. Il lui conseille de regarder sous les sièges. Rien. Un ticket est pour un enfant. Sur un autre, un message est écrit : « Pour notre dernier voyage. »

Malik arrive et examine les tickets. Le petit numéro montre qu’ils viennent de la machine près de la deuxième porte. Sur le sol, ils voient des gouttes d’eau et une marque ronde, comme celle d’une canne.

Un bruit vient de l’arrière. Lina et Malik ouvrent une petite porte. Une vieille dame est cachée là, avec une canne et une photo.

« Pourquoi êtes-vous ici ? » « Je me suis cachée. J’ai raté mon arrêt et j’ai eu honte. »

Elle montre la photo : elle, son mari et leur fils. « Un ticket pour chacun. Mon mari est mort et mon fils vit au Canada. Demain, je quitte Bruxelles. Je voulais faire une dernière fois notre voyage préféré. »

Lina pense à son travail, mais la dame est seule sous la pluie. Malik appelle le dépôt et annonce un problème technique. Ils l’accompagnent près de chez elle.

Avant de descendre, elle donne le ticket pour enfant à Lina. « Les trams connaissent les secrets des familles. »

Lina sourit. « Celui-ci est en sécurité. »