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El Último Billete de la Línea 12

Il est vingt-trois heures quarante-cinq. Le dernier métro de la Ligne 12 part dans cinq minutes. Léa monte dans le wagon vide et s'assoit près de la fenêtre. Elle est fatiguée. Dehors, le quai est sombre et silencieux.

Un vieil homme entre dans le wagon. Il s'assoit en face d'elle. Il a les cheveux blancs et les mains tremblantes. Il tient une petite enveloppe jaune avec force. L'homme regarde Léa avec des yeux inquiets.

— Excusez-moi, dit-il. Vous êtes une personne gentille ?

Léa est surprise. — Pardon ?

— Je demande... est-ce que vous êtes quelqu'un de bien ?

— Euh... oui, je pense, répond Léa lentement.

L'homme sourit. Un petit sourire triste.

— Bien. J'ai besoin d'un service important. — Il pose l'enveloppe sur ses genoux. — Ma fille habite au 14, rue Vauban. Elle s'appelle Diane. Je ne lui parle plus depuis cinq ans. C'est ma faute. — Sa voix est très douce. — Donnez cette enveloppe à Diane, s'il vous plaît. Demain matin, avant dix heures.

— Mais... pourquoi vous ne pouvez pas y aller vous-même ? demande Léa.

— Je prends l'avion demain à sept heures. Je pars en Australie. Mon fils habite là-bas et il est malade. Je dois partir.

Le métro s'arrête à la station Assemblée Nationale. L'homme se lève. Il met l'enveloppe dans la main de Léa.

— Merci, dit-il simplement. Puis, il sort sur le quai.

Les portes se ferment. Léa regarde l'enveloppe. Elle est vieille et un peu froissée. Sur le papier, il y a un seul mot écrit à la main : Diane.

Le lendemain matin, Léa arrive devant le 14, rue Vauban. Il est neuf heures vingt. Elle hésite : « Je ne connais pas cette femme. Et si elle est en colère ? » Mais elle pense aux mains tremblantes du vieil homme. Elle sonne.

Une femme ouvre la porte. Elle a les mêmes yeux gris que l'homme.

— Diane ? demande Léa. Je m'appelle Léa. Votre père m'a donné ceci hier soir, dans le métro.

Diane regarde l'enveloppe. Ses yeux deviennent rouges. Elle l'ouvre avec émotion. À l'intérieur, il y a une lettre et un vieux billet de métro jaune.

— C'est le premier billet de la Ligne 12, dit Diane doucement. Mon père le garde depuis trente ans. C'est son objet préféré.

Elle lit la lettre. Une larme descend sur sa joue. Elle lève la tête vers Léa.

— Il dit qu'il est désolé. Il dit que je suis la personne la plus importante de sa vie. Merci beaucoup.

Léa reste seule sur le trottoir. Le soleil brille. Elle pense : « C'était le dernier métro, mais c'est peut-être le début d'une nouvelle histoire. » Elle sourit et rentre chez elle.