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Surat Yang Terselit Di Bawah Pintu Yang Salah

Ce matin-là, Camille a trouvé une enveloppe blanche sur le sol de son appartement. Elle était glissée sous la porte, entre le tapis et le parquet froid. Camille a regardé l'enveloppe un moment. Pas de timbre. Pas d'adresse. Juste un prénom écrit à la main : Henri.

Camille s'appelle Camille, pas Henri. Mais elle a ouvert l'enveloppe quand même.

À l'intérieur, il y avait une lettre. L'écriture était petite et un peu nerveuse, comme si la personne avait eu peur d'écrire. Camille a lu les premières lignes.

« Papa, je sais que tu es en colère. Je comprends. Mais je voudrais te parler. J'ai fait une erreur, une grande erreur, et je suis vraiment désolé... »

Camille s'est arrêtée. Son cœur a battu plus vite. Ce n'était pas sa lettre. Ce n'était pas pour elle.

Elle a regardé le mot « Papa » encore une fois. Quelqu'un avait glissé cette lettre sous la mauvaise porte.

Camille habite au numéro 7. Elle a réfléchi. Il y a un homme au numéro 8. Un homme vieux, avec des cheveux blancs et un visage sérieux. Elle ne lui a jamais parlé. Il s'appelle... Henri ? Elle n'était pas sûre.

Elle a plié la lettre avec soin et elle a mis l'enveloppe dans sa poche. Puis elle a mis ses chaussures et elle est sortie dans le couloir.

La porte du numéro 8 était marron, avec une petite plaque métallique : H. Marchand.

Henri Marchand. Oui. C'était bien sa lettre.

Camille a frappé à la porte. Une fois. Deux fois. Après un long moment, la porte s'est ouverte. L'homme était là. Il portait un vieux pull bleu et il avait l'air fatigué.

« Oui ? » a-t-il dit. Sa voix était basse.

Camille a sorti l'enveloppe de sa poche. « Bonjour. Je suis votre voisine, au numéro 7. Cette lettre est pour vous, je crois. Elle était sous ma porte ce matin. »

L'homme a regardé l'enveloppe. Ses yeux se sont arrêtés sur le mot Henri. Ses mains, un peu tremblantes, ont pris l'enveloppe lentement.

« Merci », a-t-il dit. Mais sa voix était différente maintenant. Moins froide.

Camille a souri et elle a tourné pour partir. Mais alors, elle a entendu un petit bruit derrière elle. Comme un soupir, ou peut-être quelque chose de plus.

Elle n'a pas regardé en arrière. Certaines choses sont privées.

Dans son appartement, elle a fait du café et elle a regardé par la fenêtre. Le ciel était gris, mais il y avait un peu de lumière entre les nuages.

Elle a pensé au mot « désolé » dans la lettre. Elle a pensé à la main tremblante du vieil homme. Elle ne savait pas la fin de l'histoire — si le père allait répondre, si les deux hommes allaient se parler, si tout allait bien se passer.

Mais la lettre était arrivée. C'était déjà quelque chose.