Lyon'da Gönderilmeyen Mektup
A2 · Relationships & Drama
La vieille dame est morte en avril. Elle s'appelait Hélène. Elle a vécu toute sa vie dans un petit appartement au troisième étage, rue Auguste-Comte, à Lyon. Maintenant, sa fille Sophie et sa petite-fille Camille font les cartons. Il y a beaucoup de choses à trier : des livres, des photos, des vêtements anciens et des tasses en porcelaine blanche. « Regarde tout ça », dit Sophie avec un long soupir. « Ta grand-mère n'a jamais rien jeté. »
Camille sourit, mais elle ne répond pas. Elle ouvre une vieille boîte en carton au fond du placard. À l'intérieur, il y a des lettres et des cartes postales. Tout en bas, il y a une enveloppe blanche fermée. Camille regarde l'enveloppe. Elle n'est pas ouverte. Il y a un nom écrit dessus, à la main, avec une écriture très soignée : Marc Arnaud, 14 rue Sala, Lyon. « Maman », dit Camille doucement. « C'est qui, Marc Arnaud ? »
Sophie s'arrête. Elle se retourne lentement. Elle voit l'enveloppe dans la main de sa fille. Son visage change. Elle devient pâle. « Où as-tu trouvé ça ? » « Dans le placard, dans une vieille boîte. » Sophie prend l'enveloppe. Elle la tient longtemps sans parler. Dehors, le tramway passe dans la rue avec un bruit régulier. « Marc Arnaud », dit Sophie enfin. « Il était le grand amour de ta grand-mère. Avant ton grand-père. Avant moi. Avant tout. »
« Elle a écrit cette lettre et elle ne l'a pas envoyée ? » « Non. Elle a choisi ton grand-père. Elle a choisi sa famille et sa vie ici. Je crois qu'elle a gardé cette lettre parce qu'elle ne pouvait pas la jeter non plus. » Camille regarde l'enveloppe. Elle pense à sa grand-mère. C'était une femme sérieuse et calme. Elle faisait toujours du café fort le matin. « Est-ce que tu vas l'ouvrir ? » demande Camille.
Sophie réfléchit un moment. Puis elle secoue doucement la tête. « Non. Ce n'est pas pour moi. Et ce n'est pas pour toi non plus. » Sophie pose l'enveloppe sur la table. « On la laisse ici », dit-elle. « Ta grand-mère a fait son choix il y a quarante ans. Ce choix était bon. Elle nous a aimées. Cette lettre est juste la preuve qu'elle était humaine. » Camille regarde l'enveloppe une dernière fois. Le nom est écrit avec beaucoup d'attention. « Oui », dit Camille. « Je comprends. » Elles continuent les cartons en silence. Mais l'appartement semble différent maintenant. Plus grand, peut-être. Ou plus honnête.