A judos lány, akit elfelejtett az egyesülete a klubja
A2 · Sports
La salle de sport sent la transpiration et le tatami propre. C'est un samedi matin de novembre. Léa arrive tôt, avec son judogi blanc dans un sac bleu. Elle est prête. Elle attend ce moment depuis huit mois.
Le Championnat Régional commence à neuf heures. Léa cherche son nom sur la grande liste blanche près de l'entrée.
Son nom n'est pas là.
Elle lit lentement : Dubois, Favre, Girard, Morel... Il n'y a pas de Léa Fontaine.
Son cœur bat très vite.
Elle trouve son coach, Monsieur Arnaud, près de la table des organisateurs. Il parle avec un autre entraîneur. Léa attend. Puis elle dit :
— Monsieur Arnaud. Mon nom n'est pas sur la liste.
Il se retourne. Son visage devient blanc.
— Léa... je...
— Vous avez oublié de m'inscrire ? demande Léa. Sa voix est calme, mais ses mains tremblent.
— J'ai eu beaucoup de travail cette semaine. J'ai inscrit tout le monde, mais... je pense que j'ai oublié ton dossier.
Léa ne répond pas. Elle regarde le tatami. Pendant huit mois, elle s'est entraînée trois soirs par semaine. Elle a travaillé ses projections, ses chutes, son timing. Elle a bien mangé. Elle a dormi tôt. Elle a rêvé de ce tournoi.
Et maintenant, c'est fini. Avant de commencer.
Monsieur Arnaud parle aux organisateurs pendant quinze minutes. Mais la réponse est non. Les listes sont fermées depuis une semaine. C'est le règlement.
— Je suis vraiment désolé, dit-il. C'est ma faute.
Léa prend son sac. Elle veut sortir.
— Léa !
C'est Sarah, sa coéquipière. Elle a dix-huit ans et c'est son premier grand tournoi. Elle court vers Léa, le visage rouge et nerveux.
— Tu dois rester. J'ai besoin de toi. Je suis terrifiée, dit-elle.
— Je ne peux pas concourir aujourd'hui.
— Je sais. Mais reste quand même. S'il te plaît.
Léa regarde Sarah. Puis elle regarde la porte. Puis elle pose son sac.
— D'accord. Je reste.
Léa aide Sarah à s'échauffer. Elle lui montre comment respirer avant un match. Elle lui dit quoi regarder chez une adversaire. Sarah écoute. Sarah répète. Sarah a confiance.
Le premier match commence. Léa reste près du bord du tatami. Elle ne parle pas beaucoup. Mais quand Sarah regarde vers elle, Léa fait un petit signe de la tête. C'est suffisant.
Sarah gagne son premier match. Puis son deuxième. En finale, son adversaire est une fille grande et rapide du Club de Lyon.
Le match est difficile. Trente secondes. Une minute. Deux minutes. Puis Sarah trouve une ouverture. Elle projette son adversaire sur le dos. L'arbitre lève le bras.
Ippon !
Sarah crie. Elle cherche Léa avec les yeux. Léa sourit. Pour la première fois de cette journée, elle sourit vraiment.
Après la remise des médailles, Monsieur Arnaud vient vers Léa. Il cherche ses mots.
— Tu es la meilleure judoka de mon club, dit-il. Et je t'ai oubliée. Je ne peux pas changer ça. Mais pour le Championnat de Printemps, tu seras la première sur ma liste. Je te le promets.
Léa le regarde. Elle pense à ses huit mois d'entraînement. Elle pense à la liste blanche sans son nom. Elle pense aussi à Sarah qui pleure de joie avec sa médaille dans les mains.
— D'accord, dit Léa. Je reviendrai.
Ce n'est pas le pardon. Mais c'est un début.